Infos médicales en ligne: de la parole aux scores

Internet est souvent taxé d’interférer dans la relation médecin-patient, notamment en abreuvant le second d’infos santé de qualité fort variable. D’une récente enquête, Solidaris retient que le MG conserve la confiance des Belges et une place déterminante comme canal d’information. Et démontre qu’en matière d’information médicale, il y a croire qu’on sait et savoir en réalité.

L’été dernier, via son panel (d’affiliés et de non affiliés), Solidaris et plus précisément son département prévention et promotion de la santé, a exploré la thématique de l’information santé sur internet (définie comme ‘tout ce qui permet à un citoyen de prendre soin de sa santé’). Deux grands axes de recherche ont été suivis: la perception des Belges de cette info et l’influence de l’internet sur leur rapport à la santé et à ses professionnels.

Le niveau d’information santé ressenti des répondants est ‘bon’ (68,5%) voir ‘très bon’ (13%). Le niveau de littéracie (la capacité à comprendre et exploiter l’info santé) lui, n’est pas optimal, tiré vers le bas dans l’étude par des items comme le réel accès à l’info santé de qualité et la difficulté de faire le tri entre bon grain et ivraie.

Objectiver les savoirs prétendus

Solidaris a pris une initiative peu commune dans les travaux de ce type: ajouter au matériel déclaratif recueilli du matériel subjectif. Les auteurs ont élaboré un test de connaissances composé de 13 assertions dont il fallait dire si elles étaient vraies ou fausses, qu’ils ont soumis aux participants. Les affirmations portaient, par exemple, sur la façon d’éviter d’avoir trop de cholestérol, le danger d’une prise de laxatifs à répétition ou sur l’hygiène des mains. Elles abordaient aussi le système de santé, par exemple en évoquant le remboursement des soins dentaires ou la publicité pour les médicaments sur prescription.

On peut voir le verre à moitié plein: 92% des répondants savent qu’une poignée de main ou un éternuement ne donnent pas le sida, 73% ne sont pas tombés dans le panneau à propos des antibiotiques qui guérissent plus vite une grippe. Ou bien considérer que, s’il n’est pas vide, il y a encore du pain pédagogique sur la planche pour le remplir, puisque 43,6% des répondants pensent qu’anti-inflammatoires et repos sont les meilleures solutions pour la plupart des maux de dos, 33,6% que la dépression est un état passager dont la guérison repose essentiellement sur la motivation du patient, 32,1% que le remède le plus efficace contre la toux est de prendre un antitussif et un expectorant, 26,1% que pour soulager un mal de crâne on privilégie l’ibuprofène par rapport au paracétamol…

A ce test de connaissance, la moyenne est de 11,16 sur 26. Ce n’est pas tant ce score synthétique qui importe, confie Solidaris. L’OA admet que le score était grevé d’une cotation négative en cas d’erreur et que le choix des thèmes dans les assertions n’est pas inattaquable. Ce qui est marquant, toutefois, c’est l’écart entre cette objectivation des savoirs et le niveau d’info santé ressenti, qui pour mémoire était de bon à très bon à 80%. «Les deux dimensions ne se recouvrent pas», commente Martin Biernaux, qui a chapeauté l’étude. «On retrouve tant dans les mauvais scores que dans les bons des participants qui avaient affirmé être bien informés.» Pour prendre la plus inquiétante des combinaisons, parmi les 27% de participants à avoir clairement échoué au test des 13 questions (avec une cote de moins de 8 sur 26), 13,4% se considéraient pourtant comme ayant un ‘très bon’ niveau d’info santé et 66,1% un ‘bon’ niveau…

Medi-Sphere, dans son édition de ce jeudi 30 novembre, détaille les résultats de l’étude de l’OA socialiste. On y apprend par exemple qu’au niveau des canaux utilisés pour se renseigner sur la santé, 83,2% des répondants ont cité, spontanément, le MG. Et que l’effet renforcement du web (on consulte parce qu’on a lu des choses en ligne) l’emporte sur la substitution (on renonce à consulter).

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